Histoire de la Ville : Moyen-âge

Le village était soit un Allod des seigneurs de Lichtenberg, soit à moitié Allod, à l’autre fief de l’évêque de Speyer. En 1335, une division des terres a été effectuée entre la ligne médiane et la ligne cadette de la maison Lichtenberg. Oberhofen tomba aux mains de Louis III de Lichtenberg, qui fonda la lignée la plus jeune de la maison. Cette division du pays a également été à l’origine d’une nouvelle organisation interne de la seigneurie de Lichtenberg : les bureaux Ingweiler et Buchsweiler de la seigneurie de Lichtenberg ont été réorganisés, y compris le bureau de Pfaffenhofen qui a été scindé et rendu indépendant. Entre-temps, le village fut de nouveau libéré en 1401. Lorsque le bureau de Pfaffenhofen a dû être divisé par une nouvelle expansion territoriale, le bureau d’Offendorf a été créé avant 1440, auquel appartenait alors Oberhofen. Elisabeth, l’une des deux filles héritières de Ludwig V. von Lichtenberg (* 1417 ; † 1474), épouse le comte Simon IV. Réveil de Zweibrücken-Bitsch. Après la mort du dernier Lichtenberger, Jakob von Lichtenberg, oncle d’Elisabeth, elle hérita de la moitié de la domination de Lichtenberg, à laquelle appartenait aussi le bureau Offenheim – et donc Oberhofen. Les premiers temps modernes Le comte Jakob von Zweibrücken-Bitsch (* 1510 ; † 1570) et son frère Simon V. Wecker, décédé en 1540, ne laissent chacun qu’une fille comme héritière. La fille du comte Jakob, Margarethe (* 1540 ; † 1569), était mariée à Philipp V. von Hanau-Lichtenberg (* 1541 ; † 1599). L’héritage résultant de cette constellation comprenait également la seconde moitié de l’ancien domaine de Lichtenberg, qui ne se trouvait pas déjà dans le comté de Hanau-Lichtenberg, et le bureau Offendorf avec Oberhofen dedans. Le comte Philippe IV de Hanau-Lichtenberg (1514-1590), qui régna à l’époque, appliqua la Réforme avec constance dans son comté et aussi dans les domaines acquis par héritage, qui devinrent luthériens. Avec la politique de réunification de la France sous Louis XIV, la fonction d’Offendorf relève de la souveraineté française. Après la mort du dernier comte de Hanau, Johann Reinhard III, en 1736, Hanau-Lichtenberg – et donc aussi le bureau de Offendorf – passa au fils de sa fille unique, Charlotte, Landgrave Ludwig (IX.) de Hessen-Darmstadt. Avec le bouleversement amorcé par la Révolution française, Oberhofen est devenu français.

Oberhoffen avant 1700

L’origine du nom d’Oberhoffen-sur-Moder vient très certainement de la situation géographique du village par rapport à la Moder, la rivière voisine. Ober = supérieur, Hof = ferme, Moder = rivière, donc « Ferme Supérieure sur la Moder ». Le nom d’Oberhoffen est évoqué pour la première fois dans un écrit de l’empereur Philippe de Souabe en 1207. En 1492, Oberhoffen comptait 34 fermes pour 32 familles. L’Alsace était alors rattachée au Saint Empire romain-germanique et le syste féodal était en vigueur. En 1570, les biens et les terres des Deux-Ponts Bitche, dont Oberhoffen, passèrent aux comtes de Hanau-Lichtenberg, convertis au protestantisme depuis 1545. Ainsi donc, selon la loi en vigueur, «à chaque région, sa religion », tous les habitants d’Oberhoffen durent se convertir à la religion luthérienne en date du 24 juin 1570. De 1621 à 1648, la guerre de Trente Ans (guerre entre états catholiques et protestants) saccagea tout : les bâtiments, les habitations, l’église, les champs… Les rares survivants succombèrent à la famine et à la peste. Une fois la paix revenue, la nécessité de repeupler les campagnes s’impose. En 1660, les terres à l’abandon furent redistribuées à des immigrés suisses, ce qui laisse entendre que la plupart des vieilles familles d’Oberhoffen ont un ancêtre suisse. Entre temps, en 1648, Louis XIV annexe l’Alsace. C’est à cette date, en vertu du Traité de Westphalie, que le village passe sous la couronne française. Mais les dragonnades engendrées par la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et le passage des différentes troupes de Louis XIV déciment la population. En 1691, il ne reste plus que 19 familles à Oberhoffen.