LA FORET COMMUNALE D’OBERHOFFEN

LA FORET COMMUNALE D’OBERHOFFEN

Description sommaire du massif

La situation

La Forêt Communale d’OBERHOFFEN-sur-MODER est située entre le village d’Oberhoffen et celui de Schirrhein.

Elle fait partie de deux Régions Naturelles très distinctes :

La forêt haute : Plaine de Haguenau
La forêt basse : Vallée du Rhin

Le milieu physique

Quelques données climatiques

Le climat est de type continental soumis à l’influence océanique

Précipitations :
Moyenne annuelle : 810 mm /an, élevée pour la Plaine d’Alsace
Les précipitations sont assez régulièrement réparties sur l’année.

Températures :
Moyenne annuelle basse : 10,1° C (1° en janvier, 20° en juillet)
Forte amplitude thermique : 20° C, signe d’une continentalité.

Vents :
Prédominance des vents du sud et du nord-est.

Description du milieu

La forêt haute : 151 ha

La Plaine de Haguenau, dont fait partie la forêt haute, s’est formée sur les cônes de déjection des rivières vosgiennes : avec du Nord au Sud le Seltzbach, la Sauer, le Halbmuhlbach, l’Eberbach, la Zinsel du Nord, la Moder et la Zorn.

La forêt haute est constituée sur une terrasse sableuse située sur le cône de déjection de la Moder. Ce sont des alluvions quaternaires amenées et déposées par cette rivière en provenance des Vosges Gréseuses.

Un sable de couleur rouge, pratiquement pur, se retrouve sur une grande profondeur,

L’altitude varie de 137 à 141 m.

La forêt haute est particulièrement sèche et dépourvue de tout cours d’eau. La seule eau en provenance des précipitations s’infiltre très rapidement dans les sols sableux,très filtrants

Totalement dépourvu d’éléments fins, les sols sont très perméables, extrêmement secs et pauvres. La nappe phréatique située à une profondeur de 15 m ne joue aucun rôle actif pour la végétation.

Cette terrasse se prolonge par un versant assez raide orienté du Sud-Ouest au Nord-Est (que l’on appelle aussi le « talus rhénan ») avec une dénivelé de 15 à 17 m.

La forêt basse, 120 ha

Elle se situe dans la Plaine Rhénane Alluviale, correspondant en fait au lit majeur du Rhin.

L’altitude varie entre 124 et 121m.

Située au pied de la terrasse de Haguenau,elle est constituée d’alluvions argileuses du quaternaire, mais d’origine rhénane avec un niveau graveleux (gravier du Rhin) se retrouvant souvent à faible profondeur de la surface, et pouvant atteindre 80 m de profondeur.

Ces alluvions argileuses sont elles-mêmes recouvertes sur toute la bordure de la terrasse et sur une largeur de 300m environ par une couche sableuse plus ou moins épaisse amenée par les eaux qui sourdent au pied de la terrasse. Cette couche sableuse de couleur noire est très humifère voire tourbeuse.

La Moder coule à 2,5 km au sud. En hiver, en période de hautes eaux , le niveau de la nappe phréatique remonte et peut inonder les horizons superficiels du sol.

Avec les apports d’eau provenant de la terrasse, les parcelles de la forêt basse sont souvent engorgées d’eau rendant difficile l’accès, l’exploitation et la sortie des bois.

Synthèse des facteurs écologiques

La Forêt Haute

Les sols sableux sont pauvres et acides ; la fertilité est faible à très faible.
Nous sommes dans le domaine de la Pineraie acidiphile.
Le lieu-dit s’appelle « Forlenwald » « la forêt de pins » et c’est n’est pas du tout un hasard.

La Forêt Basse

La forêt basse se caractérise par des sols mouilleux, très humifères.
La texture est sablo-limoneuse le long de la terrasse de Haguenau et devient argilo-limoneuse en s’éloignant de cette terrasse.

Deux grands pôles se dégagent :

– Une zone marécageuse inondée en permanence ou au moins plusieurs mois par an,en bordure Nord en limite ou à proximité de la terrasse (parcelles 17,18,29,30)

– Un pôle acidicline plus ou moins hydromorphe selon la distance au fossé de drainage qui a été recreusé en 200

Tous ces sols sont favorables à la production de bois.

Des stations les moins fertiles aux plus fertiles, on trouve :
– l’Aulnaie marécageuse à tendance acide, 20 % de la surface en parcelles 17, 18 et 29,
– l’Aulnaie – frênaie humide et moyennement acide, 44 % de la surface, la plus représentée,
– la Frênaie – aulnaie moyennement humide et moyennement acide, 30 % de la surface,
– la Chênaie pédonculée – Charmaie-Hêtraie, 6 % de la surface moyennement acide.

Les peuplements forestiers

Principaux peuplements rencontrés sur la forêt, par ordre d’importance :

La pineraie

Le Pin sylvestre, espèce pionnière, s’est installé naturellement sur les sols pauvres de la forêt haute.
La pineraie pratiquement pure occupait 87 % de la surface avant la tempête.
Le sous-étage, s’il existe, est constitué de Cerisier tardif localement très envahissant.
La croissance de ces peuplements est extrêmement faible.
La conformation générale des peuplements a été très affectée par l’ouragan du 26 décembre 199

Le Robinier ou faux acacia

Les peuplements en place ont été installés principalement à titre de pare-feux en bordure de routes ou de la voie ferrée. Cette essence a été utilisée également pour le boisement de carrière (parc. 1) ou de décharge après comblement (parc.15).

Les peupleraies

Sur les sols les plus riches de la forêt basse, les peupliers de culture occupent 54 % de la surface. Depuis 1980 et jusqu’à ce jour 12 clones différents ont été utilisés en fonction de l’évolution des recherches, notamment de leur résistance aux intempéries et aux maladies. La plupart sont bienvenants et seront récoltables dans les 15 prochaines années.

L’Aulne glutineux

Dans les parcelles les plus acides de la partie basse, l’aulne est à l’état pur (p17 et 20). Il est en mélange avec le frêne ( p25, 26) sur les sols moins acides. On le retrouve en sous-étage sous les peupleraies qu’il supplantera lorsqu’ils auront été récoltés. Il couvre 35 % de la forêt basse. Les aulnes de la parcelle 20 sont de qualité exceptionnelle.

Le Chêne pédonculé

En forêt haute (parc.12 sur versant ) les chênes sessiles sont en mélange avec le robinier, bouleaux, pins. Malgré leur gros diamètres, ils sont de qualité médiocre, de surcroît fortement mitraillés (3% de la forêt haute).

En forêt basse (parc.25 et 26 ), sur les meilleurs sols, le haut-perchis de chêne pédonculé en mélange avec le frêne, provient d’une plantation réalisée en 1950/51, elle est de bonne qualité (12 % de la forêt basse).

Le Frêne

Il représente 6 % de la surface en forêt basse. Il est de qualité moyenne sur les sols très engorgés (parc.17,18,29). Par contre, il est de très bonne qualité sur les bons sols de la parcelle 26 (en mélange avec le chêne et l’aulne). Par exemple : 140 euros le m3 en 200

Remarques

Risques d’incendie :

En forêt haute, les risques d’incendie sont très importants. La canche flexueuse, qui tapisse le sol sous les peuplements de pin sylvestre où le cerisier tardif est absent sont très vulnérables (parcelles 2 à 4 , 8 à 13).

Le cerisier tardif recouvre le sol dans les parcelles 1, 5, 6 et 7 et assure une protection partielle contre le feu. Néanmoins, il est absolument interdit d’allumer un feu dans la partie haute de la forêt.

Dégâts de guerre :

Oberhoffen-sur-Moder a été le théâtre de très violents combats lors de la deuxième Guerre Mondiale,et plus particulièrement en 1944. La majorité des peuplements de la forêt haute a du être réalisée après guerre et a été reconstitué entre 1952 et 1965.

Les quelques reliquats de vieux bois qui subsistent sont tous très fortement mitraillés,à un point tel qu’ils sont pratiquement invendables.

La forêt basse ne comportant que des peuplements d’après-guerre,est indemne de mitraille.

La tempête du 26 décembre 1999

Localisation des dégâts

Sur l’ensemble de la Plaine de Haguenau

Le 26 décembre 1999, entre 11 et 16 heures, une tempête d’une exceptionnelle violence (vents atteignant 170 km/h) a balayé le nord de la France. Le massif de Haguenau a été affecté de plein fouet par l’ouragan.

Les dégâts les plus importants sont localisés dans un couloir orienté Sud-Ouest/Nord-Est, correspondant, pour l’essentiel à des peuplements de Pin sylvestre.

Toute la forêt haute à été touchée
En forêt basse : la partie Sud-Ouest

Intensité des dégâts

Globalement 67 % de la FC d’Oberhoffen a été détruite à 4/10è et +, soit 167 ha.
La surface à reconstituer complètement est de 135 ha, soit l’ensemble des surfaces affectées à 7/10è et +.

Volume détruit : 31 000 m3 soit 115 m3 / ha sur les surfaces touchées (volume moyen par ha avant tempête : 240 m3)

21 années de production (IFN : accroissement courant : 5 m3/ ha / an)
34 années de régénération (renouvellement des peuplements)

Les dégâts en volume par essence principale du peuplement

Le pin sylvestre constitue très nettement l’essence qui a le plus souffert de la tempête. Tous les peuplements ont été gravement affectés ou détruits. Vol : 17 000 m

Les peupliers ont été détruits à 60 %, essentiellement les plus anciens des Parcelles 27 / 28 / 29 et ceux de la parcelle 30, isolée le long de la Moder, ont été détruits sur 42 ha sur 71, 14 000 m

Ces deux essences représentent plus de 95 % des dégâts.

Les chênes, frênes et aulnes ont mieux résistés (500 m3 de chablis).
ESSENCES FORESTIERES : (% en surface année 2002)

Pin sylvestre : 29,74 %
Peuplier : 10,47 %
Aulne : 11,74 %
Chêne pédonculé : 6,05 %
Frêne : 1,85 %
Feuillus divers : 0,40 %
Vides à reconstituer : 39,75 % total : 100,0 %

Description des peuplements après tempête

Définition

Les types de peuplement sont déterminés en fonction des stades d’évolution (classes d’âge). Ils sont exprimés sous forme de catégorie de bois (selon leur grosseur).

7 types de peuplement sont définis : R, G, PB , BM, BM/GB GB. Le stade G est absent en FC d’Oberhoffen.

L’objectif du gestionnaire est d’obtenir l’équilibre en surface entre les différentes catégories de bois.

Peuplements avant tempête

Commentaires sur peuplement avant tempête :

Le massif est déséquilibré en matière de classes d’âge pour les essences les plus représentées :
Pin sylvestre et Peupliers, Chêne pédonculé.

Cette situation est due :
– pour le PS au renouvellement des bois mitraillés réalisés après guerre
– pour les feuillus, au boisement de terres agricoles dans la partie basse

Sachant que le cycle forestier est de 80 à 140 ans pour les essences présentes ( hormis le peuplier), l’équilibre des classes d’âge restait un objectif à long terme. Le peuplier assure un relais de production (récoltable à 25 – 40 ans).

Peuplements après tempête

5 nouveaux types de peuplement ont été créés tenant compte des trouées provoquées par les dégâts de la tempête.

Les nouveaux types prennent en compte les dégâts d’intensité moyenne (4 à 6/10è) qui ont fortement endommagés certains peuplements, mais qui ont néanmoins conservés des capacités de production.

On les qualifie de bois clairs avec les catégories de bois utilisées habituellement soit :

PBC p. 4 et 10
BMC p.12
GBC p. 7a (HET)

De plus, on rencontre un nouveau type de peuplement, irrégulier celui-là (IR ou IRC), crée par les dégâts de la tempête, juxtaposant un sous-étage apte à produire des bois de valeur et des résineux sains dans l’étage dominant (parcelles 5, 7, 8, 11).

Enfin, dans les zones où les dégâts sont irréversibles, on parlera de « vide à reconstituer » VR (50 % de la forêt, 135ha). (p.1, 2, 3, 6, 7, 9,13, 15, 21, 27, 28, 29, 30)

Classement des unités de gestion

Traitement sylvicole

La réalité du terrain est la suivante :

a) les peuplements restants sont mités,
b) 60 % de la surface de la forêt est à reconstituer,
c) les potentialités de reconstitution par voie naturelle sont visibles sur le terrain,
d) le traitement en futaie régulière ainsi que la monoculture du Pin sylvestre ou du Peuplier augmentent la sensibilité des peuplements aux vents violents.

Aussi, nous avons opté pour la gestion globale en futaie irrégulière.

Explications

En futaie régulière :

– l’unité de gestion est la parcelle ou la sous-parcelle,
– les peuplements sont homogènes au niveau de l’unité de gestion : même âge, 80 % des bois ont le même diamètre.

En futaie irrégulière :

– la parcelle reste l’unité de gestion,
– les peuplements sont hétérogènes, il y a une juxtaposition de bouquets d’âge et de structure différents.

exemple : sur une même parcelle, on peut rencontrer

– des bouquets réguliers d’âge différents (1 bouquet de 40 ans + bouquet 1 de 80 ans + 1 bouquet de 120 ans),
– et des bouquets irréguliers par pied d’arbre à l’intérieur desquels tous les âges (ou diamètres) sont représentés.

Le traitement en futaie irrégulière présente les avantages suivants :

– toutes les interventions se font en un seul passage dans tous les types de peuplement,

– on optimise les récoltes : en prélevant en priorité les bois mûrs et en conservant un maximum de tiges jusqu’au diamètre d’exploitabilité,

– on respecte les exigences en matière d’écocertification : gestion durable et respect de l’environnement,

– on satisfait aux recommandations de gestion proposées sur les sites Natura 2000 :
*préserver ou améliorer la biodiversité,
*favoriser les peuplements diversifiés : structures et essences,
*fragmenter les zones de régénération

Toutes ces mesures auront un impact favorable sur la protection de l’environnement.

L’effort de régénération

Le bon fonctionnement de la dynamique naturelle permettra le renouvellement par voie naturelle des
peuplements. La carte des stations servira de référence pour le choix des essences.

Les unités de gestion

La forêt a une vocation multifonctionnelle (production de bois, protection des milieux et accueil du public). Elle est classée entièrement en série de production.

La forêt basse est inscrite à l’Inventaire des zones humides du Bas-Rhin. Elle est classée en zone Natura 2000, ce qui consacre sa valeur patrimoniale.

Les nouvelles propositions de gestion :

– futaie irrégulière,
– régénération naturelle,
– valorisation des essences autoctones

vont dans le sens d’une meilleure conservation de ces milieux fragiles et respecte le cahier des charges proposé par Natura 200

Les récoltes

L’approche technique

Le traitement en futaie irrégulière autorise des interventions modulables en fonction de l’état des nouveaux peuplements.

Le programme des coupes a été élaboré avec deux préoccupations majeures :

– 1 seul passage en coupe est prévu sur les 10 ans de validité de l’aménagement,
– tous les peuplements nécessitant des interventions sylvicoles seront parcourus.

Une exception : les jeunes peuplements peu touchés par la tempête (CHE / FRE / AUL en P26 et 25) feront l’objet de 2 passages en coupes.

Les martelages seront de type jardinatoire, le prélèvement sera adapté aux situations rencontrées :

– Eclaircies de correction (des dégâts de tempête : bois penchés, cassés, soulevés),
– Eclaircie d’amélioration (favoriser le développement des plus belles tiges dans tous les stades d’évolution),
– Eclaircie de production (travailler au profit des arbres objectifs),
– Récolte de bois mûrs (bois ayant atteint le diamètre d’exploitabilité),
– Coupes définitives de régénération (peupliers).

Des travaux sylvicoles seront réalisés après les passages en coupe :

– recépage des brins cassés lors de l’exploitation,
– dégagement de semis,
– dépressage,
– nettoiement.
(en futaie irrégulière toutes ces opérations peuvent se présenter dans une même unité de gestion).

Les produits accidentels frais seront récoltés annuellement en raison des nombreux peuplements fragilisés et sensibles aux accidents météorologiques ou sanitaires à venir.

Pour la programmation des coupes, nous avons cherché à équilibrer sur les 10 ans, les surfaces à parcourir et les volumes à prélever annuellement.

Calcul des possibilités

La possibilité, c’est le volume que l’on peut prélever annuellement avec 3 objectifs :

– amener la forêt à l’équilibre,
– assurer la pérennité de la forêt,
– procurer des revenus réguliers au propriétaire.

Elle est calculée sur l’ensemble des types de peuplement.

Les prélèvements sont répartis comme suit :

10 % de chêne, 25 % de PS, 25 % PEU, 40 % de FRE et AUL.

Récolte annuelle moyenne : 544 m3 aménagement soit 326 m3 commerciaux, au lieu de 1485 m3 aménagement avant tempête (essentiellement les peupliers de culture).
2 m3 / ha / an au lieu de 5,5 m3 / ha / an soit – 64 % par rapport à l’avant tempête.

La reconstitution des zones détruites

– Les exploitations

– 2/3 des volumes détruits ont pu être exploités et commercialisés ; 20 000 m3 sur 31 000 m3

– compte tenu de l’importance locale des dégâts, ces valeurs sont importantes et témoignent d’une forte mobilisation de tous les professionnels et échelons de la filière bois ;

– à ce jour, l’exploitation des bois de la tempête est considérée comme terminée. Les bois restants étant inaccessible ou trop dégradés pour être vendus.

– Les itinéraires de reconstitution

Les nettoyages de terrain avant reconstitution

Les exploitations mécaniques ont laissé peu de rémanents.

D’une manière générale les rémanents sont utiles à la régénération par le microclimat généré, la protection contre le gibier et le frein au développement de la végétation adventice apportés, aucun nettoyage parfait n’a été recherché ; les opérations préalables à la reconstitution se sont limitées au démontage et au rangement sommaires des houppiers et au toilettage des sous étages et ligneux subsistants.

Aucune intervention n’a été entreprise sur les souches dont la décomposition lente sera attendue.

Les reconstitutions proprement dites

Elles concernent toutes les parcelles détruites, c’est à dire dont les dégâts sont supérieurs ou égaux à 7/10ème.

Dans les parcelles à dégâts compris entre 4 et 6/10ème, la reconstitution se limite au nettoyage, les dégâts seront résorbés par l’évolution naturelle des peuplements.

Dans les parcelles à dégâts inférieurs à 4/10ème, des martelages de correction suffiront à restructurer les peuplements.

Différentes modalités de reconstitution ont été définies ; Dans tous les cas, il a été tenu compte de la potentialité des sols et de l’état des peuplements existants :

A . La succession naturelle

Dans un premier temps, on laisse faire la nature, les essences pionnières s’installent (cerisier tardif, bouleau, tremble, pin sylvestre, saule, aulne…) elles limitent le développement de la végétation herbacée envahissante, forment un abri et créent un microclimat permettant l’installation des semis d’essences objectifs. C’est à ce moment-là que le forestier intervient pour travailler au profit de ces essences objectifs.

La succession naturelle a été retenue sur 69,50 ha :

a) en forêt haute, dans les stations acide à PS, envahies par le cerisier tardif, ou en l’absence de semenciers (34,5 ha),

b) dans la partie basse, où un sous-étage feuillu (aulne, sorbier des oiseaux, frêne) est présent et/ou les potentialités de régénération sont importantes (dynamique végétale des stations de la vallée du Rhin) (35 ha)

B . La régénération naturelle

La phase pionnière est simultanée à l’installation des semis produits par les semenciers de l’essence objectif.

Elle est proposée sur 65 ha dans les stations acides à PS, en l’absence de végétation bloquante :
développement de la régé nat d’autant plus rapide que les semenciers seront à proximité et que la surface sera petite

En termes quantitatifs, les résultats obtenus sont les suivants :

Dégâts partiels : reconstitution limitée au nettoyage : 33 ha (20 %)
Régénération naturelle : 65 ha (39 %)
Plantation : 0 ha (0 %)
Succession naturelle (sous étages conservés) : 69,50 ha (42 %) Total : 167, 50 ha

– Remarques

Les échéanciers possibles

L’expérience, notamment celle des chablis de 1990, montre que la régénération et la succession naturelle mettent dix années à s’exprimer sur les stations pauvres du massif de Haguenau (partie haute de la forêt). Ainsi dans les cas majoritaires où des itinéraires de ces familles ont été choisis, il convient d’être patient et de laisser le temps à la nature d’exprimer son potentiel. L’attente est un compromis à la fois technique et économique. En cas d’insuccès ou de carence dans les résultats obtenus, il est encore temps d’intervenir de manière corrective ou par simple complémentation.

Les obstacles à la régénération

La végétation adventice peut dans certains cas constituer un obstacle important à l’installation et au développement de la régénération naturelle. Dès le départ son développement moyen dépasse celui des semis.

Les deux espèces les plus abondantes sont :

– la Canche flexueuse qui par suite de la bonne pluviométrie sur le massif s’avère assez peu limitante par rapport au développement de semis.

– un ligneux exotique mérite une mention particulière au titre de la végétation gênant la régénération : le Cerisier tardif (Prunus serotina). Cette espèce présente une forte dynamique naturelle dans certaines forêts qui lui permet, après colonisation des terrains découverts, de produire des croissances annuelles ou des rejets dépassant le mètre de hauteur. Par suite d’une stratégie très diversifiée et efficace de reproduction (à la fois végétative et sexuée), l’élimination de cette plante se révèle difficile. Il convient ainsi de chercher à la gérer en mélange des régénérations comme une essence procurant couvert latéral ou abri.

Quand le choix de régénération s’est limité à la « succession », le Cerisier tardif peut même représenter l’espèce majeure de la nouvelle formation pionnière, car il est susceptible de production de bois commercial. C’est le cas en forêt haute d’Oberhoffen.

Dans tous les cas de figure, la conservation des rémanents d’exploitation est utile pour limiter le développement de végétation adventice et permettre la sauvegarde de niches d’installation des semis ligneux.